Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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Une année apicole au rucher du Jardin du Luxembourg


Alain Sandmeyer
Coordonnateur adjoint du rucher

Février 2008, le rucher historique du Jardin du Luxembourg accueille pour la 152ème année consécutive ses nouveaux auditeurs. Cette promotion comporte 74 hommes et 26 femmes, la moyenne d’âge se situant autour de 45 ans, dans une fourchette allant de 21 à 62 ans.
41 d’entre eux demeurent dans la capitale, 53 dans les départements franciliens. L’Eure et Loir, l’Oise et la Seine-Maritime sont également représentés.

Après la traditionnelle présentation de la SCA à tous ces nouveaux membres et un large tour d’horizon sur l’apiculture, la formation démarre par une série de cours théoriques variés. La palette des sujets abordés est très complète allant de la biologie de l’abeille, sa reproduction, les différentes races et leurs origines, l’essaimage naturel et artificiel, la pollinisation, jusqu’à la prophylaxie et les maladies.

Début avril, les portes du rucher s’ouvrent pour aborder le stade des travaux pratiques. Les auditeurs entrent enfin dans le vif du sujet. Tous ont revêtu la tenue de protection proposée par Colette. Les participants sont répartis en groupes de 5, chaque groupe assurant la gestion d’une colonie. Les enfumoirs dégageant une légère fumée blanche, on commence par la traditionnelle et très importante visite de printemps.

Les mois d’avril et mai ne sont pas très cléments, les bataillons de butineuses ne seront pas au complet pour se jeter à l’assaut des tilleuls en pleine floraison au mois de juin, la récolte du siècle ne sera pas au rendez vous ! Nous atteindrons péniblement, avec 18 colonies, les 35 kg de moyenne toutes récoltes confondues (70 kg en 2007). Martine est très fière avec son corps de ruche surmonté de 5 hausses, Julien un peu moins avec ses 5 ou 6 cadres de miel.

En août une équipe de cinéastes américains nous fait l’honneur de filmer une demi-journée d’activités au rucher. Nous ouvrons quelques ruches, présentons l’origine et le rôle de la SCA. Ils réalisent un documentaire sur la situation apicole Nord américaine et Européenne.
Une large discussion s’engage. Les apiculteurs d’outre Atlantique travaillent principalement pour la pollinisation, à la tête d’exploitations de 2 000 à 5 000 colonies. Ils parcourent 15 000 à 30 000 km chaque année et renouvellent les reines jusqu’à 2 fois par an !!!
Depuis quelques années ils subissent des pertes importantes. Leur constat est toujours le même : des cadres garnis de nourriture, pas de cadavres d’abeilles devant les ruches, mais il ne reste qu’une poignée d’abeilles autour de la reine. Les butineuses ne reviennent pas à la ruche ?

Ils soupçonnent très fortement les pesticides de toutes sortes utilisés massivement dans leur pays. Si quelques varroas sont découverts sur les échantillons d’abeilles envoyés aux laboratoires, la réponse est toujours la même : « Traitez efficacement contre la varroase si vous voulez que nous poursuivions nos recherches ». Les traitements sont correctement effectués mais comme chacun d’entre nous le sait, il est impossible d’éradiquer à 100% les femelles fondatrices du petit acarien. Tous les arguments sont bons pour dédouaner les grandes firmes de produits phytosanitaires.

Un apiculteur Alsacien en visite à Paris, se joint à la discussion et nous fait part de pertes considérables à la frontière allemande. Le Poncho (enrobage des semences) autorisé en Allemagne est fortement soupçonné…. Quelle que soit son implantation dans le monde, l’apiculteur semble subir les mêmes désastres. Le chiffre annuel d’un géant producteur des deux principaux pesticides avoisine le milliard d’euros. La valeur économique des retombées de la pollinisation mondiale par les insectes est estimée à 153 milliards d’euros. Arrêtons de dévaster les populations d’abeilles.

Ce chiffre colossal de 153 milliards a été démontré, en association avec des chercheurs des autres continents, par l’équipe de Bernard Vaissière « Pollinisation et écologie des abeilles » de l’INRA de Montfavet, en Avignon. Ce dernier est venu présenter les conclusions de leurs travaux devant notre rucher, filmé par les caméras des actualités télévisées de la chaîne M6.

Dans notre havre de paix nous ne rencontrons pas tous ces problèmes. Les jardiniers du Jardin du Luxembourg pratiquent des méthodes douces de traitement. Nos abeilles sont en bonne santé, elles ne semblent pas stressées par les ondes des milliers de téléphones portables présents chaque jour dans le jardin. Au printemps elles butinent sans réserve les fleurs du verger voisin, conservatoire des pommiers et poiriers.

Fin août - début septembre, c’est le temps des traitements anti-acariens. Nous insérons 2 lanières d’Apivar dans la grappe, elles resteront en place 10 semaines comme conseillé par le fabricant Veto-Pharma (les 6 semaines indiquées sur les sachets sont aujourd’hui insuffisantes, mais ne peuvent être officiellement modifiées car elles correspondent aux prescriptions de l’AMM).

Mi septembre, nous effectuons la visite d’automne. Tout est correct. Les reines pondent, les couvains sont réguliers, pas de symptômes de maladies, le pollen est présent, mais, seule ombre noire au tableau, les provisions de miel sont très insuffisantes. En additionnant les surfaces des réserves dans les cadres, nous comptabilisons une moyenne de 7 kg par colonie. Il faut nourrir abondamment si nous voulons passer l’hiver sans embûches. C’est en septembre que l’on construit déjà la prochaine saison !

En octobre se sont déroulées les trois sessions d’examen de fin d’année.
57 auditeurs ont brillamment passé l’épreuve avec succès. On peut affirmer que la cuvée 2008 est excellente comme beaucoup de précédentes. Certains possèdent ou posséderont un petit rucher, d’autres sont actifs ou seront actifs dans des ruchers associatifs et nous ne doutons pas qu’ils porteront très haut la renommée de la SCA.

N’oublions pas tous les assistants et assistantes, ils épaulent Najim le mercredi et Alain le samedi, préparent le matériel, conditionnent la production, entretiennent le rucher.
C’est ainsi que se perpétue, d’année en année, la qualité de ce rucher école. C’est le dévouement de tous qui anime aujourd’hui la plus ancienne association de France.



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Dernière mise à jour du site : mardi 20 décembre 2016

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