Société Centrale d’Apiculture

Campagne 2008 au rucher du Parc Georges Brassens

fleurs butinées, Georges Brassens, Saison apicole

Année de vache grasse ou année de vache maigre ?

Les pâturages que nos abeilles ont rencontré en début de saison ne permettaient pas de les engraisser.
Les sorties printanières n’ont pas été aussi intenses que l’année précédente.

Et pourtant, à la sortie de l’hiver à part quelques boiteuses, nos colonies dans l’ensemble semblaient suffisamment gaillardes pour partir d’aventure affronter la saison future. Hélas, ce printemps frileux, morose et pluvieux eut vite fait de calmer leur ardeur.
À quoi bon mettre au monde une progéniture lorsque l’avenir est incertain et que la nourriture n’abonde pas. A part quelques colonies bien munies encore de réserves hivernales, les autres eurent bien du mal à assurer la transition entre la population d’hiver et celle de printemps. De ce fait les premières hausses ne furent placées (avec une bonne dose d’optimisme) qu’avec un mois de retard sur la saison précédente : en 2007 à la même époque la moitié du cheptel recevait sa deuxième hausse.
Lorsque la nature enfin s’élance, elle ne se retourne pas pour voir si on peut la suivre ; nos colonies ont pris du retard par rapport aux floraisons, elles ont dû surmonter ce handicap. Les maigres populations de printemps remplaçant celles de l’hiver, les ont affaiblies. Ce n’est que vers la deuxième quinzaine de juin qu’elles atteignent leur plein développement, un peu tard pour la floraison des tilleuls.
Et pourtant un espoir subsistait encore : la floraison du sophora, bel arbre qui borde certaines avenues parisiennes et qui fleurit fin juillet début août, un luxe pour nos abeilles.
Comme un problème n’arrive jamais seul, ces bougres de sophoras n’ont fleuri que très médiocrement tout au moins dans le sud de Paris (quelques bouquets de-ci de-là). De surcroît ce végétal à la floraison estivale réclame de la chaleur pour produire son nectar et féconder ses fleurs. Hélas, la température du mois d’août fut inférieure à la moyenne de saison avec une pluviométrie soutenue.
Résultat : Pas de récolte sur les sophoras.

En résumé
La miellée de printemps fut relativement médiocre. Nos colonies insuffisamment développées n’ont pas pu profiter pleinement de la floraison de ce seigneur de la flore parisienne, le tilleul, qui apporte sa personnalité au miel parisien.
La miellée inexistante sur les sophoras, concluant la saison, l’année 2008 ne laissera pas de grands souvenirs.
Espérons que la vache maigre de 2008 sera suivie d’une plus rondouillarde en 2009.