Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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Apiculture traditionnelle en Sicile avec la ruche Férula


Gaby Roussel
Vice président d’Apistoria

L’abeille est présente en Sicile depuis très longtemps. En 1947, près de Catane, une abeille fossile du genre Dorsata fut trouvée. Son âge est évalué à 50 millions d’années.
En temps qu’ancienne colonie Grecque, l’apiculture y est pratiquée depuis au moins cette époque. Le miel de Sicile est déjà considéré par Varron comme le meilleur : « Le miel de Sicile a la palme » et ceci serait dû à « l’abondance et à l’excellente qualité du thym que produit cette Ile ».

La ruche « férula ».
Palladius écrivait déjà dans un ouvrage rédigé entre 460 et 480 après J. C. : « Les meilleures ruches sont celles qui sont faites d’écorce de liège, parce qu’elles sont impénétrables au chaud comme au froid. On peut néanmoins en faire de férules ou, à défaut de férules, on emploiera des baguettes d’osier… »
Au Moyen âge, dans les monastères du sud de l’Italie, de longs rouleaux de parchemins (les Exultets) furent réalisés. Ils comportaient généralement un éloge aux abeilles qui avaient participé à l’élaboration du cierge Pascal. Sur certains d’entre eux, des ruches furent dessinées, et l’on peut voir la reproduction de ces ruches sur le rouleau peint à Troia dans la seconde moitié du XIIème siècle.
Enfin sur le fronton de la basilique de San Sébastien de Mellili, au-dessus de la porte d’entrée principale, on peut voir la représentation de trois ruches férulas.

La plante.
La férule (ferula thyrsifolia) est une plante de la famille du fenouil que l’on trouve essentiellement autour du bassin méditerranéen. Cette plante bisannuelle, pollinifère et mellifère fleurit en mars-avril et ses tiges florales ont alors plus de 2 m de hauteur pour un diamètre de 2 à 3 cm. Elle sera utile aux abeilles et à l’apiculteur de la floraison à sa destruction.

Construction de la ruche.
Chaque tige de férule séchée est coupée en tronçons de 25 cm percés de trous, à distance rigoureusement identique. Les tronçons sont alors assemblés à l’aide de tiges.
Lorsque la longueur de la ruche atteint 80 ou 100 cm, le travail d’assemblage du corps est terminé ; il ne restera plus qu’à le rendre étanche aux abeilles à l’aide de bouse de vache et de poser la marque de propriété sur la ruche.
Un opercule frontal avec dispositif permettant l’entrée et la sortie des abeilles ; et un opercule arrière, tous deux également réalisés en férule, termineront la ruche qui sera placée horizontalement. Ces deux opercules seront scellés à la bouse de vache, afin d’éviter la propolisation des interstices par les abeilles, ce qui facilite l’ouverture.
D’un prix de revient modique, cette ruche fut longtemps en usage tout autour de la Méditerranée. L’avènement des ruches “mobiles” c’est à dire à cadres, et surtout une meilleure évaluation du coût de la main-d’œuvre pour la réaliser (une journée), lui furent fatals ; et de nos jours, seuls quelques passionnés travaillent encore avec ce type de ruche.
Il est à noter que cette ruche pouvait durer 200 ans. Lors de notre séjour, nous avons vu de telles réalisations datant de 1850. Lorsque ces ruches séculaires usagées sont réformées et détruites, leurs morceaux servent encore à l’apiculteur pour allumer et alimenter son enfumoir appelé « fumarola » . L’efficacité d’allumage, la production de fumée froide, et la tenue de cette production de fumée dans cet enfumoir primitif sont remarquables.

Le Rucher.
Les ruches « férulas » sont placées généralement sur 5 ou 6 rangs de hauteur, une rangée pouvant contenir plus de 20 ruches. Dans le parc de la nécropole de Pantalica, non loin de Syracuse, le rucher comporte 5 rangées de 19 ruches soit 95 ruches.
On peut également observer l’évolution des ruches horizontales : de la ruche « férula » telle qu’elle vient d’être décrite, à la ruche toujours horizontale, mais dotée de cadres, ce qui simplifie les opérations que nous verrons ci après.

La Partitura.
Ce type de ruches très primitif avait généré une pratique apicole qui était très en avance sur ce qui se faisait ailleurs à l’époque : la « Partitura », c’est à dire la partition, la division de la ruche, l’essaimage artificiel.
Une ruche prête à essaimer, marquée au préalable, est installée sur un plan de travail à proximité du rucher, à côté d’une ruche vide. Les abeilles de la première ruche qui étaient dehors, tournent en vain autour de l’ancien emplacement de la ruche, attendant le retour de l’odeur familière : le retour de leur ruche.
L’opercule frontal est enlevé (d’où l’importance du scellement à la bouse de vache), et après enfumage, les premières brèches sont détachées (celles-ci sont toujours placées en bâtisses chaudes afin de faciliter leur accès lors des opérations successives) et contiennent généralement de la nourriture fraîchement rapportée. _ Les suivantes contenant du couvain, sont également détachées, leurs abeilles balayées à l’intérieur de la ruche vide. Les brèches contenant le couvain d’ouvrières sont placées à côté de la ruche vide. S’il y a trop de couvain de mâles celui-ci est détruit, et la cire récupérée.
Dans la nouvelle ruche, côté opposé au trou de vol, les parties contenant le couvain d’ouvrières est placé et fixé par des bouts de bambous arc-boutés sur le corps de ruche. On a pris la précaution de placer seulement cinq brèches de couvain, (quatre avec du couvain operculé et une avec des œufs) et deux brèches de nourriture pour les nouvelles populations.
Les deux ruches sont alors refermées, marquées, puis remises au rucher :
- La nouvelle ruche est remise à la place de l’ancienne, qui accueillera toutes les butineuses
- La ruche mère est placée à quelque distance de la nouvelle.
Cette opération a réduit la population de la ruche mère ; l’essaimage sera certainement stoppé ; le nouvel essaim se développera rapidement pour profiter de la floraison des citronniers.
Douze jours plus tard, l’apiculteur viendra visiter chacune des deux ruches afin de les surveiller. L’une des deux, orpheline, (généralement la nouvelle ruche) aura débuté un élevage royal. De ces cellules, il en laissera une seule. Il est à noter que toutes ces opérations permettent, par retournement et inversion des opercules avant et arrière, un renouvèlement annuel des cires.

Transhumance.
Les ruchers se trouvent généralement sur des collines ou garrigues, thyms et romarins y fleurissent abondamment. Les producteurs d’agrumes (orangers et citronniers) se sont rendus compte depuis longtemps des bienfaits de l’abeille pour leurs productions et demandent aux apiculteurs de venir placer leurs ruches dans leurs vergers. Depuis des siècles la transhumance se pratique donc en Sicile.
Autrefois elle se faisait à l’aide d’une charrette tirée par une mule. Sur la charrette pouvaient être placées 64 ruches. Le voyage se faisait toujours avec deux charrettes (et donc deux accompagnateurs) afin d’éviter les pillages dus aux mauvaises rencontres. Ces deux charrettes suffisaient à transporter les ruches placées dans un grand rucher.

Un mot sur l’Apiculture moderne.
L’apiculture moderne est pratiquée à l’aide de ruches Dadant conçues pour la transhumance qui est pratiquée à grande échelle. Les ruches sont déplacées par camion au gré des floraisons de thyms, chardons, eucalyptus, agrumes, afin de profiter des apports de nectar et participer à la pollinisation des vergers. Ces apiculteurs possèdent entre 500 et 1000 ruches. Il subsiste bien quelques amateurs qui possèdent trois ou quatre ruches mais leur nombre décroît chaque année ; principale cause : le varroa dont le traitement est rendu difficile du fait du climat (pas d’arrêt de ponte de la reine, difficulté de suivre l’évolution des traitements).

Bibliographie :

- Dorothea Brückner, Sicile apiculture traditionnelle ; Bâtir pour les abeilles, actes des rencontres de St Faust 1998 : pages 154 à 157.
- Apiculture traditionnelle en Sicile : Itinéraires ; L.N. Masetti :
Les Cahiers d’APISTORIA N° 2, pages 34 à 43.
- Apiculture traditionnelle en Sicile : Miscellanées ; L.N. Masetti :
Les Cahiers d’APISTORIA N° 2, pages 44 à 52.



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Dernière mise à jour du site : vendredi 3 mars 2017

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