Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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Les ruchers pédagogiques dans Paris : une longue expérience pour initier les enfants au monde des abeilles


Thierry Duroselle et Yves Le Cunuder

L’intérêt pour l’apiculture naît souvent après un premier contact réalisé dès l’enfance. Un membre de la famille ou un voisin possédant quelques ruches partage sa passion pour les abeilles. A cet âge de la vie la curiosité est très vive et la peur de l’insecte n’est pas encore trop développée. C’est le moment idéal pour favoriser la rencontre des enfants avec l’abeille domestique et lui expliquer les multiples facettes de sa vie, tout le travail qu’elle réalise pour que la colonie se développe et les différentes productions de la ruche.

Il est probable que cette multitude de petits ruchers familiaux résulte d’une culture ancienne et profonde de l’apiculture en France. Il était fréquent en effet de rencontrer dans les campagnes, des curés qui avaient quelques ruches pour améliorer leur condition. Il en allait de même des instituteurs qui avaient des ruches dont le produit aidait à soutenir la coopérative de l’école. Curés et instituteurs ont su intéresser les gens de leurs villages à la vie des abeilles et créer ainsi les bases d’une apiculture rurale rationnelle et durable qui explique encore aujourd’hui l’intérêt pour ces insectes dans les campagnes [1].

Mais les ruches vivent non seulement des soins qu’on leur porte mais aussi grâce à un environnement favorable peuplé de très nombreuses plantes à fleurs qui offrent tout ce dont les abeilles ont besoin pour se nourrir. En retour ces dernières vont favoriser la pollinisation et permettre ainsi aux plantes de se reproduire. Et si l’on aide les enfants à bien regarder les fleurs, ils découvrent alors qu’il n’y a pas qu’une abeille mais beaucoup d’abeilles « sauvages » aux couleurs très variées et aussi d’autres insectes qui visitent les fleurs.

C’est en partant de ces constats que se sont développées dans Paris plusieurs expériences de ruchers pédagogiques qui permettent aujourd’hui de proposer une approche concrète de la nature et de la biodiversité au travers d’une observation et d’un apprentissage du monde des abeilles.

Il y a plus de quarante ans, les élèves ont commencé à participer activement à des classes de découverte sous forme de classes de neige, de mer ou de classes vertes. C’est ainsi que la Mairie du XVe arrondissement de Paris possédait un centre de classes de nature installé sur le domaine du Château de Bellevue à Crouy-sur-Ourcq en Seine et Marne. Ce centre accueillait en permanence quatre classes élémentaires et une classe maternelle de Paris pour une durée de trois semaines.

Dans le parc on rencontrait des poneys, des chèvres, une basse-cour etc… mais point de ruches, jusqu’au jour où un essaim d’abeilles vint prendre possession de l’une des cheminées du château. Pour une observation plus rapprochée de ces insectes fascinants et quasiment domestiques, Yves Le Cunuder instituteur, proposa à la directrice du centre Madame Peyronnet, l’installation d’un rucher dans le verger de la propriété. Grâce à la riche flore environnante, les colonies d’abeilles se développèrent rapidement. Les élèves participèrent avec enthousiasme à différents travaux pratiques d’apiculture comme par exemple la préparation du matériel, la visite des ruches ou la récolte du miel. Le premier miel récolté en 1980 se révéla excellent. Quelques années plus tard, un dossier pédagogique relatant cette expérience fut tiré à 300 000 exemplaires. Il était destiné aux instituteurs et institutrices des écoles de France et des DOM TOM [2].

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Rucher du centre de classes de nature - Château de Bellevue - Crouy sur Ourcq
Cliché J.M. Granger

L’idée du rucher pédagogique était née mais les enfants des villes se déplaçaient à la campagne pour visiter les abeilles. Elle favorisa cependant la rencontre avec Gilles Boddaert, un autre instituteur passionné d’abeilles [3] et qui oeuvra à la création d’un rucher pédagogique en ville, en plein cœur de Paris. En effet, profitant de la reconversion des abattoirs de Vaugirard en un Parc de loisirs - le Parc Georges Brassens dans le XVème arrondissement - il réussit à convaincre la Mairie de Paris et l’ Éducation Nationale de l’intérêt de créer un rucher pédagogique. L’emplacement a été facile à trouver car il existe dans ce parc une petite colline qui offre un lieu paisible et un peu retiré à côté d’une vigne et à deux pas de la friche de la petite ceinture riche en plantes sauvages. Le rucher comporte 15 ruches en activité auxquelles peuvent s’ajouter d’autres colonies issues d’essaimages en pleine saison. Sa vocation première est de mettre à la disposition des écoles et collèges parisiens, un rucher d’observation implanté en plein cœur de la Ville. Une initiation est faite par demi journée qui comprend une explication du monde de l’abeille : la ruche, la colonie, son anatomie, son alimentation et ses récoltes (nectar, pollen…), sa reproduction et une visite du rucher avec l’ouverture d’une ruche quand le temps le permet . Les enfants ont ainsi un vrai contact avec les abeilles et peuvent observer leur multitude dans la ruche au milieu de laquelle il est fréquent de voir la reine. Depuis son ouverture en 1986, plus de 3000 classes et pas moins de 80 000 enfants ont été accueillis dans cette structure exceptionnelle. Le rucher offre aussi un grand intérêt écologique car il témoigne de façon permanente de l’activité des abeilles et des possibilités de l’apiculture en milieu urbain. Récemment un abri spécial a été installé pour élargir l’éveil des élèves aux abeilles sauvages plus discrètes et trop souvent méconnues.

Ouverture d’une ruche avec une classe au rucher du Parc Georges Brassens – Paris 15ème

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Visite d’une classe au rucher Brassens

Fort de ces solides expériences, un nouveau rucher pédagogique a été installé récemment dans Paris à l’Institut National des Jeunes Sourds Paris (INJS). Il est exemplaire car il résulte d’une cascade de contacts et de réflexions menés entre les apiculteurs de la SCA, les jardiniers et le corps enseignant de l’Institut. Le premier projet pédagogique établi en combinant le modèle de Crouy-sur-Ourcq et celui du Parc G. Brassens a permis d’associer une classe de 6ème à toutes les étapes de constitution du rucher et du travail des abeilles. Ce fut dans l’ordre :
- le choix d’un emplacement dans la magnifique jardin de l’Institut qui puisse convenir à la tranquillité des abeilles sans perturber la vie scolaire de l’établissement. Il se porta finalement sur un joli petit jardin clos de murs avec une porte en belles pierres calcaires où les quatre premières ruches furent installées à l’ombre de deux tilleuls.
- La préparation du matériel sous la houlette d’une équipe de pilotage constituée des professeurs, du jardinier et d’un apiculteur expérimenté. Ainsi, à la réception du matériel au début de l’année 2009, les élèves s’initièrent aux différents éléments d’une ruche. Sur les cadres ils tendent les fils, collent la cire gaufrée. Ils signent leur travail de leur prénom afin de suivre la transformation des cadres par les abeilles. Ils peignent les ruches, les hausses, les toits chalets et les planchers, et avant d’emporter les ruches vers leur destination finale, ils les décorent avec des fleurs, des abeilles et les signes I.N.J.S. pour bien identifier chaque ruche et se préparer ainsi à communiquer avec les futures locataires.
- L’arrivée des trois premières colonies à la mi-mai 2009 est le commencement d’un nouveau travail. Il faut suivre maintenant le bon développement des colonies et se préparer à récolter du miel. Car à Paris, le mois de juin est le mois de la floraison des tilleuls,abondamment plantés dans la capitale et qui peuvent produire beaucoup de nectar si le temps le permet.

A la rentrée scolaire le programme pédagogique va reprendre autour des thèmes déjà travaillés c’est à dire la connaissance des abeilles, leur vie sociale et l’entretien du matériel. Il va s’élargir à une meilleure observation des plantes mellifères et des abeilles qu’elles soient domestiques ou sauvages. Pour ces dernières, peut-être que la construction d’un abri permettra-t-il à quelques unes de venir y faire leur nid.

La mise en place des ruches tout juste peintes avec les élèves de l’INJS – Paris 5ème -

De nos jours, les abeilles suscitent un réel intérêt, non seulement pour leur capacité à vivre en colonies bien organisées ou à produire du miel mais aussi parce que l’on commence à mesurer leur réel impact sur notre environnement. Elles favorisent donc des rencontres qui aident à leur tour à faire germer de belles idées.

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rucher INJS

La rencontre de l’enfant et de l’abeille n’est pas des moindres et suscite le plus souvent un réel émerveillement. Beaucoup d’apiculteurs chevronnés le savent bien, ceux qui accueillent dans leur rucher les classes de leur village et perpétuent ainsi la tradition évoquée au début de cet article. Et même si les abeilles sont un peu indociles, ils ont su créer un local, mettre une vitre… pour que ce premier contact se passe bien. A fortiori, on peut imaginer tout le bien que peut procurer cette découverte à des enfants handicapés qui ont besoin de s’épanouir au travers de ce type de projet.

Tous ces enfants, accueillis dans les ruchers pédagogiques, sont aussi les adultes de demain. Nul doute que si le premier contact avec l’abeille est réussi, ils seront dans le futur de bons avocats pour leur protection et pour le respect de la biodiversité et de la nature qui les entoure.

Références bibliographiques :

Notes

[1] Marchenay Philippe, L’homme et l’abeille, Berger-Levrault, 1979

[2] Le Cunuder Yves, la vie des abeilles, Activités d’éveil pluridisciplinaires aux C.E. Et C.M. Revue syndicale des Instituteurs, dossiers N° 18 et 20, 1984

[3] Dossiers Pédagogiques Audiovisuels : l’homme et l’abeille, CNDP, 1983



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