Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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Enquête mortalité hiver 2008-2009


Alain Sandmeyer – Conservateur du rucher du jardin du Luxembourg

Enquête réalisée auprès des adhérents de la Société Centrale d’Apiculture
Nbre d’apiculteurs consultés : 490 (env. 4500 colonies)
Nbre de réponses reçues : 208 (1406 colonies)

Ruche en hiver {JPEG}

Depuis plusieurs années des mortalités importantes de colonies inquiètent tous les acteurs de la filière.
Les causes peuvent être multiples : manque de diversité de nourriture, influence climatique, agriculture intensive et utilisations importantes de produits phytosanitaires, pression de varroa destructor…
En 2009 la SCA a lancé une enquête auprès de ses adhérents pour tenter d’évaluer la situation des pertes hivernales. Nous remercions les 208 apiculteurs qui ont répondu, ils nous ont permis d’établir pour la première fois une approche des mortalités hivernales dans leurs ruchers et de cartographier leurs implantations sur le territoire national.

nbre apiculteursrégions nbre colonies
76 Ile de France 495
18 Limousin 147
9 Aquitaine 128
15 Bretagne 123
22 Centre 89
11 Bourgogne 80
2 Languedoc Roussillon 51
7 Auvergne 41
5 Provence Côte d’Azur 40
7 Basse Normandie 37
4 Pays de Loire 24
3 Franche Comté 24
5 Picardie 23
4 Nord Pas de Calais 22
5 Rhöne Alpes 19
5 Haute Normandie 18
3 Champagne Ardennes 16
1 Lorraine 10
3 Midi Pyrénées 9
1 Corse 1
1 Poitou Charentes 1
1 Lombardie (Italie) 8
208total colonies1406

1406 colonies sont recensées dans ce sondage, 205 d’entre elles sont mortes au cours ou à la sortie de l’hiver 2008-2009 soit : 14,52% (moins de 10% semble être un taux reconnu comme normal pour la communauté scientifique).

ZONEnbre colonies% mortalités
Aquitaine 128 8%
Pays de Loire 24 8,30%
Basse Normandie 37 11,40%
Ile de France 495 12,20%
Limousin 147 13,60%
Languedoc Roussillon 51 15,60%
Bourgogne 80 16,20%
Centre 89 16,40%
Franche Comté 24 16,60%
Picardie 23 17,30%
Bretagne 123 19,40%
Provence Côte d’Azur 40 20%
Haute Normandie 18 20%
Auvergne 41 29%
Nord Pas de Calais 22 31%
Rhöne Alpes 19 36,80%
Champagne Ardennes 16 0%
Lorraine 10 0%
Midi Pyrénées 9 33,00%
Corse 1 0%
Poitou Charentes 1 0%
Lombardie (Italie) 8 25,00%
total colonies 1406

Analyse des tableaux

La lecture des tableaux conduit aux constatations suivantes :
- A priori les paramètres « zones », « régions » et « traitements » semblent avoir une influence importante sur le pourcentage de pertes, on peut soupçonner les pesticides/fongicides et surtout leurs mélanges de jouer un rôle aggravant dans les zones de culture et d’arboriculture.

- Les colonies implantées en montagne subissent des pertes assez importantes mais 75% des colonies disparues ont été traitées à l’Apiguard ; ce produit doit être utilisé par températures clémentes : est-ce toujours le cas en altitude ?

% mortalites en fonction de l’IMPLANTATION DES COLONIES

ZONE nbre colonies % mortalités
URBAINE (23%) 327 9,60%
CULTURES (40,5%) 566 15,40%
PRAIRIES (16,5%) 230 15,40%
VIGNES-VERGERS (3,5%) 49 17%
MONTAGNE (7,5%) 113 19%
FORETS (9%) 121 19,30%
TOTAL1406

- Les tableaux « nourrissement » et « changement de cadres » n’apportent aucune influence significative sur les mortalités ; dans tous les cas de figures nous sommes entre 14 et 16% de mortalités.

% mortalités en fonction des nourrissements

périodes nbre colonies % mortalités
nourrissement début automne 1029 13,88%
pas de nourrissement début automne 377 14,58%
- - -
nourrissement automne + fin hiver 948 14,26%
pas de nourrissement automne/hiver 161 16,14%
- - -
nourrissement fin hiver 1064 13,95%
pas de nourrissement fin hiver 342 14,60%

% mortalités en fonction des changements cadres

au moins 2 cadres nbre colonies% mortalités
OUI 1183 13,90%
NON 223 15,60%

Influence de la région :

Si on exclut les régions pour lesquelles moins d’une centaine de colonies ont été impliquées dans l’enquête, on trouve en Ile de France et en Aquitaine des taux moyens de mortalité sensiblement inférieurs à la moyenne.
En Ile de France, 58% des apiculteurs avec leurs ruchers implantés en zone urbaine ont constaté une perte de 8% contre 16% pour les non citadins, c’est-à-dire pratiquement identique à la moyenne nationale ; il n’est donc pas surprenant que les colonies de cette région aient globalement un faible taux de mortalité.
Pour l’Aquitaine, les résultats accréditent l’idée que cette région, pourtant très touchée par la prédation du frelon asiatique vespa Velutina et avec 70% des ruches en zone de culture, se distingue des autres ; 9 apiculteurs représentant 130 colonies n’ont pas participés à l’enquête il serait intéressant d’obtenir leurs chiffres pour confirmer cet excellent résultat et peut être de trouver des explications à cette exception.

Influence des traitements acaricides :

Apilife Var : plaquettes de vermiculite imprégnées de : thymol 74%, eucalyptus 16%, camphre 3,7%, menthol 3,7%. Bons résultats mais nombre de colonies trop faible pour en tirer des certitudes ; il est important de commencer le traitement début août, une température de 20 à 30°C est nécessaire pour une bonne efficacité.
L’Autorisation de Mise sur le Marché de ce produit en France devrait être accordée au cours du premier semestre 2010.

Apivar : Bons résultats, confirmation de l’efficacité de ce produit.

Apistan : Quelques ruchers ont subi des pertes au-dessus de la moyenne, des phénomènes d’accoutumance apparaissant. Il est impératif de ne pas utiliser ce produit plus d’une année sur trois.

Apiguard : Pertes constatées au-dessus de la moyenne, de bonne conditions climatiques sont nécessaires en cours de traitement.

TRAITEMENTS VARROASE TOUTES ZONES

méthodesnbre apiculteurs nbre colonies% mortalités
APILIFE VAR 8 63 7,00%
2 TRAITEMENTS 37 393 9,80%
méthodes diverses 5 54 11,76%
APIVAR 93 523 12,80%
pas de traitements 30 160 14,00%
APISTAN 17 107 23,00%
APIGUARD 18 106 27,00%
TOTAL208140614,52%

TRAITEMENTS VARROASE SUR COLONIES EN ZONES URBAINES

méthodesnbre apiculteursnbre colonies% mortalités
APILIFE VAR 2 22 1,00%
2 TRAITEMENTS 10 114 4,30%
APIVAR 28 129 10,00%
pas de traitements 8 34 8,80%
APISTAN 4 18 1,60%
APIGUARD 2 7 -
méthodes diverses 2 3 -
TOTAL563279,60%

TRAITEMENTS VARROASE SUR COLONIES HORS ZONES URBAINES

méthodes nbre apiculteurs= nbre colonies % mortalités
APILIFE VAR 6 41 5,00%
2 TRAITEMENTS 27 274 11,10%
méthodes diverses 3 51 11,70%
APIVAR 65 394 15,10%
pas de traitements 22 131 20,00%
APIGUARD 16 99 24,00%
APISTAN 13 89 28,00%
TOTAL152 107916,70%

Conclusion : Malgré la faiblesse de quelques échantillonnages, les résultats zone urbaines / zone non urbaines ont été obtenus dans le respect des règles statistiques. Ils sont fiables et donc significatifs. _ Cette première enquête est une photographie des mortalités de l’hiver 2008-2009. Il faut se garder de tirer des conclusions hâtives, d’où l’intérêt de recommencer plusieurs années de suite, voire d’accroître si possible la taille des échantillons afin d’augmenter la crédibilité des résultats. Pour les mortalités hiver 2009-2010, une nouvelle enquête sera effectuée, nous invitons tous nos adhérents à répondre massivement pour enrichir cette analyse.

races d’abeilles recensées dans l’enquête

racesnbre coloniesnbre apiculteurs
noire locale 1229 182
buckfast 82 12
italienne 74 10
carnolienne 15 2
caucasienne 6 2


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Dernière mise à jour du site : lundi 3 avril 2017

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