Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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La vie en société chez les animaux marins et l'abeille domestique

publié dans l'Abeille de France N°935 (avril)


par Thierry Duroselle

Dans une vie « antérieure », j’ai eu la chance d’aller à St Paul et Nouvelle Amsterdam puis aux îles Crozet qui forment, avec l’archipel des Kerguelen et la Terre Adélie, les Terres Australes et Antarctiques Françaises.

De cette expérience, je garde un souvenir puissant de ces immenses colonies d’animaux marins : manchots, albatros, otaries… Les uns et les autres vivent en colonies une partie de l’année, essentiellement durant la phase de reproduction. Et chaque espèce, à sa manière, développe une organisation sociale fantastique qui régit ces milliers d’individus qui se retrouvent sur terre pour se reproduire après plusieurs mois en mer. Ils occupent alors les quelques îles et îlots de cette partie du globe aux espaces réduits : plages et falaises plus ou moins escarpées. Cette contrainte géographique contribue à la formation de ces impotantes colonies.

Vous me direz, à juste titre, que cela n’a pas grand chose à voir avec les abeilles. C’est vrai ! Comparer l’organisation sociale d’une colonie d’abeille avec celle de ces animaux marins, est un exercise certainement un peu hardi. Et pourtant, il y a dans ces modèles extrêmes quelques ressemblances que je voudrai développer ici. Et puis, c’est peut être un autre moyen de mieux apprécier l’organisation d’une ruche que de l’observer au travers d’autres organisations animales tout aussi complexes que la nature a laissées se développer.

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Géométrie dans une colonie de manchot royal…
(photo T. Duroselle)
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…et chez l’abeille domestique
(photo J.N. Vital)

Une colonie animale c’est un groupe d’animaux de la même espèce ayant une organisation collective, égalitaire ou hiérarchisée souvent régie par une vie sociale sophistiquée. Dans le règne animal, il y a une multitude d’espèces (des bactéries jusqu’aux vertébrés supérieurs) qui ont une phase « sociétale » à un moment de leur cycle de vie. Par exemple, des oiseaux qui ont une phase de reproduction solitaire peuvent constituer une société intense au cours de la migration. Chez les insectes, on trouve à l’inverse des femelles fécondées qui passent l’hiver en solitaire à l’abri des intempéries avant de fonder une colonie à la belle saison.

De même, certains animaux forment des colonies extrêmement denses comme les coraux, d’autres au contraire sont plus diffuses et formées de sous-ensembles (couples…). D’autres, comme c’est le cas chez certains insectes (fourmis, abeilles…) forment des sortes de « super-organismes » où chaque individu ne peut vivre séparé de ses congénères et contribue au développement et à la survie de l’ensemble du groupe. En fait, on s’aperçoit que la vie en colonie est un facteur determinant pour la pérennité des espèces à un moment ou à un autre du cycle de vie : reproduction, alimentation, déplacement migratoire etc… et contribue au brassage du patrimoine génétique et donc du maintien de la biodiversité.

Un bref rappel sur la colonie d’abeilles :
1) au cours des temps, notre abeille domestique a assuré sa survie grâce à un certain nombre d’adaptations comportementales que chacun connaît bien et que l’on peut résumer ici brièvement.
2) C’est une colonie de type hiérarchisé et organisée de la façon suivante :
- la reine, capable de vivre plusieurs années et seul individu fécondé de la ruche, est la mère des autres membres de la ruche : ouvrières et mâles,
- un très grand nombre d’ouvrières à vie brève (plus de 50.000 en période de pleine activité) pratiquent une division du travail particulièrement remarquable par la variété des « métiers » exercés en rapport avec les étapes successives de leur maturité et par la flexibilité permettant de s’adapter aux conditions environnementales (conditions atmosphériques, floraisons abondantes, agression extérieure…),
- une vie sociale extrêmement élaborée basée sur une communication à multiple facettes reposant sur une combinaison de messages olfactifs puissants et spécifiques (les phéromones…) et des messages tactiles et visuels très efficaces comme les échanges antennaires et les danses (danse en huit, danse frétillante).



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Dernière mise à jour du site : lundi 3 avril 2017

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