Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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Une mégachille (abeille coupeuse de feuilles) a colonisé le manche de ma fourche-bêche


Thierry Duroselle

A quelque chose malheur est bon ! C’est par cet adage que je pourrais commencer ce court article sur une observation passionnante que j’ai pu faire durant l’été dernier (2009) dans mon jardin de Sologne. En jardinant avec trop d’énergie sans doute, j’ai cassé le manche de ma fourche-bêche. J’en avais un qui, pensais-je, ferait l’affaire pour remplacer le défaillant. Mais il s’avéra trop gros et ne convenait pas à l’outil endommagé. Je l’abandonnai donc sous un abri ou j’entrepose le bois pour ma cheminée et mes hausses vides. Ce manche est percé en son centre d’un trou d’environ 1cm de diamètre et d’environ 10 cm de profondeur. Il était posé de telle manière que l’orifice se trouvait orienté vers le haut. Après quelques jours, je m’aperçus qu’une petite abeille solitaire entrait dans le tunnel ainsi formé. En y regardant de plus près, elle avait même pris possession des lieux et y travaillait activement à construire son nid. Au début de mon observation, elle travaillait trop au fond et je ne voyais pas bien le travail réalisé. Mais comme les va-et-vient étaient réguliers, je me suis muni de mon appareil photos pour mieux l’observer. En réalité, elle entrait si vivement dans le trou que je ne pouvais la photographier. Je décidai donc de placer à l’entrée de menus brins d’herbe ou de feuilles (cliché 1) pour ralentir son travail et avoir ainsi le temps d’appuyer sur le déclencheur.

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mégachile cliché 1
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mégachile cliché 2

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mégachile cliché 3

(clichés T. Duroselle)

Je l’ai vue ainsi transporter des petits morceaux de feuilles tenus entres ses pattes et ses mandibules ( clichés 2 et 3). Elle en rentrait une trentaine qu’elle tapissait petit à petit en les collant avec de la salive de façon à former un petit cylindre d’environ 1 à 2 cm de hauteur un peu comme un cigare creux. Cette opération lui a demandé environ une demi-journée de travail. En réalité elle construisait une cellule. Une fois cette cellule bien consolidée, elle commença à ramasser du pollen qu’elle fixait non pas sur ses pattes arrière comme pour notre abeille domestique, mais sur la face ventrale de son abdomen (cliché 4). Il était amusant de voir cette petite abeille rentrer la tête la première dans ce nid de fortune, inspecter le travail accompli, se retourner dans le tunnel de façon à brosser le pollen récolté et l’entreposer dans le fond de la cellule. Elle le tassait avec sa tête et ses mandibules sans doute en y ajoutant de la salive riche en nectar. Combien d’allers et retours pour remplir la cellule, je n’ai pu les compter…

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la récolte du pollen sur une fleur de « gaillarde » pas de pelote mais la brosse abdominale bien garnie d’un pollen orangé
4 : cliché T. Duroselle

Une fois les provisions suffisamment abondantes, elle y pondait un oeuf et fermait la cellule avec une sorte de mortier constitué d’un mélange de pollen, de salive et de débris de feuilles. Elle a construit ainsi 5 ou 6 cellules (?) en une semaine. Puis elle a obturé l’orifice avec une bonne couche de feuilles avant d’abandonner le site (cliché 5). Si mes informations sont bonnes, les naissances ne devraient pas avoir lieu avant l’été prochain…

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les nids terminés et obturés avec des pétales de roses
5 : cliché T. Duroselle
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les nids terminés et obturés avec des feuilles
6 : cliché T. Duroselle

Je n’ai pas pu trouver la plante qui a été découpée si fébrilement par ma locataire. Mais sur un mur à proximité de mon abri, j’ai pu observer une autre abeille coupeuse de feuilles qui entrait dans une anfractuosité du mur constituée par une brique fendue. Je l’ai vu se faufiler à plusieurs reprises sans y prêter autant d’attention qu’à celle qui colonisait peu à peu le manche de la fourche-bêche. Mais je l’ai vue rentrer du pollen sous son abdomen. Elle a terminé sa construction à peu près en même temps que sa « consoeur ». Et quelle n’a pas été ma surprise de constater que le nid était fermé de quelques débris de pétales de roses (cliché 6) . Les roses n’étaient qu’à quelques mètres du nid et les pétales payèrent un lourd tribut à cette bâtisseuse hardie (cliché 7).

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pétales de roses ont été abondamment découpés
7 : cliché T. Duroselle

La leçon de cette histoire est simple : nous sommes entourés de ces petites abeilles solitaires qui savent profiter de chaque particularité de la nature pour établir leur nid et assurer leur descendance. Pourvu que l’on y prête un peu d’attention et que les lieux soient un peu favorables on peut en observer des quantités durant toute la belle saison à la campagne comme en ville. Peut-être y a t il une deuxième leçon moins prosaïque que la première : si nous n’y prenons pas garde, ce sont ces petites abeilles également grandes pollinisatrices qui disparaîtront les premières car beaucoup plus sensibles que notre abeille domestique aux grands bouleversements de notre environnement.



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Dernière mise à jour du site : mardi 21 février 2017

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