Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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Hommage rendu à Claude Richard


Claude Richard, Conservateur du Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens, Vice-président de notre association, disparu le 22 septembre 2011.

Hommage rendu lors de la cérémonie d’adieu en son honneur en l’église d’Auvers Saint Georges

Garder voix claire et esprit lucide en ces circonstances ne s’avère pas chose évidente.
Je ne suis pas certain d’y parvenir au cours de cet hommage rendu au nom de la SCA à notre ami Claude.
Je requiers donc votre indulgence.

La date du 20 septembre 2011 restera gravée dans ma mémoire. Vers 19 heures, c’est bien banal, mon mobile sonne. Marilou est en ligne : « Gilles, je ne te téléphone pas pour t’apprendre une bonne nouvelle »…
« Claude est dans le coma et c’est irréversible. »

Bouleversé, je reste coi. Notre ami, cette stature, cette énergie, cette puissance de vie, terrassé par un ridicule petit caillot.
D’aucuns diront que c’est une belle mort : dans l’enceinte prestigieuse de l’Assemblée Nationale, après un déjeuner agréable, brusquement, tu es tombé. Tu n’as rien vu venir, rien senti ou si peu probablement. Piètre et dérisoire consolation pour ceux qui restent.
Intègre et chaleureux, truculent et grand cœur, passionné et généreux, tu en imposais.
Autodidacte, tu as dispensé ton impressionnante connaissance pratique et théorique de l’apiculture dans nos cours et conférences. Seize ans de dévouement au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens t’ont permis d’y exercer tes talents de conteur à destination de milliers d’enfants qui, fascinés, t’écoutaient bouche bée.

Accompagné, toujours, par ton épouse Marilou, ta fidélité à notre association ne s’est jamais démentie : Claude et Marilou, Marilou et Claude, toujours prêts à venir en aide à autrui ou à rendre service tout simplement.
Né en 1935, bûcheron puis cheminot au grade de conducteur principal de grandes lignes, tu découvres l’apiculture presque par hasard en 1989 et tu suis nos cours en 1990. Vice-président de la Société Centrale d’Apiculture depuis 1996, tu deviens Conservateur du Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens. Tu en as fait un modèle de rucher, unique en son genre.

Ta passion pour l’abeille, symbole de vie, métaphore d’une utopique société idéale, emblème de la protection de notre environnement se manifeste à tout instant. Ton respect pour ce petit insecte qui féconde la terre se traduit dans chaque geste accompli, précautionneux et réfléchi.
Et ta douceur de colosse à l’égard de tes avettes ne se dément jamais, alors même que parfois, selon ton expression, tu as « pris une raclée » de la part d’une quelconque colonie devenue irascible.
Il fallait te voir manipulant chaque cadre avec lenteur et rapidité de peur de froisser les abeilles.
Il fallait t’entendre bougonner « tu enfumes trop » lorsque tu cherchais la reine et l’on ne pouvait s’empêcher de sourire lorsque tes gros doigts hésitaient à la saisir pour la marquer, de peur de la blesser. La tâche accomplie, victorieux, tu te tournais alors vers ton équipe –l’esprit d’équipe t’importait-en disant : « Bon, si on visitait la numéro 8, je la soupçonne d’être bourdonneuse, auquel cas il faudra la remérer. »
Et tout se terminait souvent par un hydromel de ta façon, au champagne ou au chablis, au cassis ou à la framboise, c’est selon.

Ainsi, pendant seize ans, volontaire, pugnace et enthousiaste, tu as effectué, hiver comme été l’aller-retour entre Auvers et Paris. Et personne ne s’étonnait plus de te voir, dans ta C15, parcourir les allées du parc interdites à la circulation pour rejoindre le rucher, les enfants et tes copains.
Elle est présente aujourd’hui, au complet, compétente grâce à toi, cette équipe qui continue ton œuvre. Comme sont présentes aussi les équipes du rucher de Saint-Cloud, du rucher du Parc départemental Georges Valbon à la Courneuve, bien sûr la grande équipe du rucher-école du Jardin du Luxembourg avec les anciens élèves, associées à tout notre Conseil d’Administration et à Christine, notre secrétaire.
Evidemment, le Syndicat National de l’Apiculture Française l’Union Nationale de l’Apiculture Française, l’Association de Développement de l’Apiculture en Île de France sont ici dignement représentés. Il se trouve que ton dernier article figure dans le numéro d’octobre de l’Abeille de France et que tes derniers miels participent au concours des miels d’Île de France dont tu as été lauréat plusieurs fois.

En cet été Indien où nos abeilles préparent, joyeuses, leur hivernage, nous sommes venus, nous sommes tous là, qui croyons au ciel ou qui n’y croyons pas et notre hommage est à la mesure de ton engagement et de notre chagrin sans que notre peine soit comparable à celle de Marilou et de toute ta famille à qui nous adressons notre affection et notre empathie.
Mais ton action, Claude, fait écho bien au-delà des limites du monde apicole. En témoignent des messages très émouvants émanant de deux élues parisiennes, de sensibilités différentes, toutes deux très respectées :
- l’un de Claire de Clermont-Tonnerrre, 1ère adjointe au Maire du 15e arrondissement qui te connaissait depuis plus de 15 ans ;
- l’autre de Fabienne Giboudeau, adjointe au Maire de Paris, chargée de l’environnement et aussi de Jean-François Lamour, député de Paris, c’est dire que ta persévérance, ton butinage obstiné portent leurs fruits.

Les milliers d’enfants qui t’ont côtoyé deviendront sans doute des adultes respectueux, comme toi, des abeilles et des insectes pollinisateurs et seront peut-être des citoyens plus responsables, soucieux de leur environnement.

Claude, notre estime et notre admiration te sont acquises à jamais.

C’est pourquoi la 155e promotion des élèves-apiculteurs diplômés du Rucher-école du Jardin du Luxembourg se nommera CLAUDE RICHARD pour que tu sois toujours avec nous.

par Gilles Boddaert, Président de la SCA
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Claude Richard
cliché J-C N’Diaye
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A l’occasion des Fêtes du miel 2010
cliche J-C N’Diayé
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« …ses talents de conteur… »
cliché J-C N’Diayé


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Dernière mise à jour du site : mardi 21 février 2017

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