Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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Les confidences de l'abeille noire et de la fleur de potimarron


T. Duroselle, (août 2011)

Le potimarron est un légume fort intéressant. De la famille des cucurbitacées, c’est une variété de courge voisine du potiron (Cucurbita maxima) qu’il ne faut pas confondre avec la citrouille (Cucurbita pepo). Il a emprunté au potiron sa couleur rouge vif. Mais son allure de grosse poire et son poids plus raisonnable (il ne dépasse guère les 2 ou 3 kg) contrastent avec ceux de ce dernier. Son goût diffère également par une saveur prononcée de châtaigne qui lui a valu d’ailleurs le surnom de courge châtaigne. Cette saveur particulière lui a redonné de l’intérêt sur nos tables et dans nos jardins.

Deux potimarrons déjà bien formés

Deux potimarrons déjà bien formés (cliché T. Duroselle)

Il se trouve qu’il y a quelques années, mon voisin agriculteur m’en a offert un en plus du potiron qu’il a la gentillesse de me donner traditionnellement au mois d’octobre. Il sait en effet qu’après un séjour aux Etats-Unis, nous avons pris l’habitude de célébrer « Halloween » en famille. Une fois la fête passée, le potimarron a été transformé en une excellente purée orange avec cette saveur douce si particulière. Depuis ce premier contact, j’en plante deux ou trois pieds tous les ans dans mon jardin pour avoir quelques beaux fruits piriformes à l’automne, permettant de réaliser une décoration originale et de régaler les amateurs de saveurs nouvelles.

Dans les potimarrons tout se mange ou presque. Il ne reste que les gros pépins plats et blanchâtres et quelques autres morceaux indésirables qui finissent en général sur mon compost. L’hiver dernier une souris ou un autre petit rongeur les avait repérés et les avait soigneusement accumulés dans deux ou trois petites cavités et par chance les avait oubliés. La chaleur et l’humidité du milieu jointes aux effets salutaires de l’arrivée du printemps leur avaient redonné vigueur. Quand je les ai retrouvés, bon nombre avaient germés et offraient de belles plantules qui ne demandaient qu’à être repiquées.

Vous me direz, ce petit cours de jardinage a peu à voir avec les abeilles et l’apiculture. Eh bien détrompez-vous ! Car après un temps raisonnable et un arrosage régulier pour pallier les effets néfastes de la sécheresse printanière, mes potimarrons ont commencé à allonger leurs longs bras verts aux larges feuilles rugueuses, avec de-ci de-là des vrilles pour grimper où bon leur semble. Un peu de temps encore et les premières fleurs apparurent, de belles grosses fleurs jaune doré, sorte de gros calices profonds.

Au jardinier qui n’y prête pas attention toutes les fleurs du potimarron se ressemblent. Mais à y regarder de près, on s’aperçoit que certaines sont fixées sur une longue tige et d’autres sont attachées sur une tige plus courte avec à la base de la fleur un petit renflement, sorte de minuscule fruit verdâtre. En fait, le potimarron est un beau cas de plante monoïque c’est à dire de plante qui porte sur la même tige des fleurs mâles et des fleurs femelles bien différenciées. A l’intérieur des premières on peut observer les étamines rassemblées et soudées en une sorte de cône allongé et massif. Les secondes présentent un style en colonne surmonté des stigmates tournés vers l’extérieur. A la base du style comme des étamines on peut observer un petit sac qui va s’ouvrir progressivement donnant accès aux nectaires. Comme je m’intéresse un peu aux choses de la pollinisation, je suis allé chercher mon appareil photographique pour tirer le portrait de cette plante bien intéressante et ainsi renouveler l’iconographie de mes présentations sur le sujet.

une fleur femelle épanouie avec son petit fruit vert et sur la gauche une fleur mâle prête à s'ouvrir (chiché T. Duroselle)

Une fleur femelle épanouie avec son petit fruit vert et sur la gauche une fleur mâle prête à s’ouvrir (chiché T. Duroselle)

Coupe de la fleur femelle (à droite) et de la fleur mâle (à gauche) (cliché T. Duroselle)

Je ne savais pas alors que mon observation n’était pas terminée. En effet, armé de mon appareil, je commençais les prises qui illustrent cet article quand je notai dans une fleur femelle, la présence d’une belle petite abeille noire butinant. Je l’observai en train de tournicoter au fond de la fleur pendant un long moment sans que je puisse en évaluer la durée car je ne l’avais pas vue entrer. Cela m’intrigua et je décidai de regarder ma montre, si d’aventure une autre abeille se présentait, ce qui ne tarda pas à se produire. Une première abeille entra. Elle était facilement reconnaissable avec son abdomen aux deux premiers segments bien orangés. Je regardais ma montre pour le plaisir de la performance que j’estimais alors à quelques minutes. Entrèrent une seconde puis une troisième abeille. La dernière entrée ressortit au bout de quelques minutes (peut-être 5) sans doute y avait-il alors trop de compétition entre ces trois visiteuses. La seconde ressortit à son tour après vingt (20) bonnes minutes de travail au fond de la fleur. La première visiteuse, toujours très active, resta 45 minutes. Je la voyais tournoyer au fond de la fleur la langue allongée à sucer un nectar qui devait sourdre lentement des nectaires. Tout en guettant ces visiteuses j’observais un autre ballet tout aussi intéressant. A quelques centimètres de cette fleur femelle se trouvaient deux fleurs mâles bien épanouies. Et je notais que toutes les abeilles qui venaient de mon rucher, distant de moins de 30 mètres, se présentaient systématiquement sur les fleurs mâles, plus attractives sans doute. Elles y restaient peu de temps (une à deux minutes tout de même) avant de continuer leur recherche et de s’orienter vers la fleur femelle. Je renouvelai cette observation les jours suivants sur d’autres fleurs pour m’assurer que je n’avais pas eu la berlue.

abeilles dans une fleur femelle de potimarron (cliché T.Duroselle)

Abeilles dans une fleur femelle de potimarron (cliché T.Duroselle)

Bien entendu je ne tire aucune conclusion scientifique de cette observation car il faudrait pouvoir la reproduire de façon rigoureuse. Cependant, en bon apiculteur soucieux de voir ses cadres de hausses se remplir de bel et bon miel, je me demande ce que ces butineuses pouvaient bien fabriquer à « perdre leur temps » dans les fleurs de potimarrons. D’autant qu’au même moment (milieu de matinée) le rucher était en effervescence comme si un essaim était au départ. La raison en est toute simple : à trois ou quatre cents mètres de là, trois champs de sarrasin d’une contenance totale d’une dizaine d’hectares offraient des milliards de petites fleurs blanches aux abeilles enfiévrées par ce butin. A les observer, on voyait tout de suite que leur temps était précieux et qu’il ne fallait pas consacrer plus de quelques secondes à chaque corolle.

Abeille noire butinant un bouquet de fleurs de sarrasin

Abeille noire butinant un bouquet de fleurs de sarrasin (cliché T. Duroselle)

Alors, vous imaginez, rester 5, 10 voire plus de 40 minutes au fond d’une seule fleur, fût-elle d’une beauté extrême est une attitude étrange pour une petite abeille noire et semble-t-il une belle perte de temps alors que le nectar coule à flot (ou presque) à peu de distance de là. Que pouvaient bien se raconter ces deux « commères » d’un moment , quelles confidences avaient-elles à se chuchoter ainsi ? Certainement qu’elles se congratulaient pour cette visite opportune qui permettait à l’une de recevoir le pollen fécondant et à l’autre de goûter à un nectar d’exception. Plus sérieusement, que peut bien offrir ce nectar de potimarron qui fascine autant les abeilles : une saveur enivrante, une richesse particulière en sucres, d’autres nutriments comme des minéraux ou des oligo-éléments particulièrement intéressants ? Sans doute la nature a-t-elle prévu une sorte de trésor subtil et rare qui contribuera au bon développement de la reine mère et de la ruche et à la production de ces délicieux légumes rouge brique.

Portfolio

Fleur femelle épanouie avec son petit fruit vert et sur la gauche une fleur (...) Deux potimarrons déjà bien formés Abeilles dans une fleur femelle de potimarron Abeille noire butinant un bouquet de fleurs de sarrasin coupe de la fleur femelle (à droite) et de la fleur mâle (à gauche)


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