Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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Frelon asiatique


Notre ami et adhérent, Norbert Juzan, nous a transmis une remarquable étude comparative menée sur le terrain pendant 3 ans aidé de son frère Patrick. Avec leur accord, la SCA la publie intégralement en lui associant quelques commentaires qui n’ont, évidemment, pas valeur de conclusions définitives.

1) La lettre de présentation de Norbert Juzan

En tant que membre de la SCA je vous prie de trouver ci-joint quelques graphiques résumant la lutte que je mène, avec mon frère, à mon petit niveau, contre Vespa velutina nigrithorax.

L’apier où ont eu lieu ces expérimentations peut comprendre, selon les circonstances, entre cinq et dix ruchées. Il est situé, hors bourg, dans la lande à environ 1,5 km des premières habitations. Ce n’est plus un rucher d’exploitation mais,de sauvegarde de l’abeille. Rien n’est plus prélevé sur ces colonies.

Pour détruire le maximum de frelons j’utilise, au début du printemps et en automne, des pièges japonais, fournis par Monsieur le Docteur Daniel Gergouil vétérinaire-conseil du GDSA de Gironde,remplis d’un sirop sucré qui n’attire pas les abeilles. Entre ces deux opérations nous pratiquons, à deux personnes, des battues à la raquette de une à deux /trois fois par semaine durant 2H30 à 4H suivant le taux d’invasion car, c’est le détail qui compte le plus pour comprendre ces graphiques : nous ne quittons l’apier qu’une heure après avoir tué « le dernier » frelon, s’il n’en est toujours pas arrivé un de plus dans ce laps de temps de 1 heure.

Ces graphiques ont été réalisés par Monsieur Patrick Juzan, mon frère aîné, cadre SNCF retraité ; Apiculteur, lui aussi depuis longtemps, puisque enfant, il a été pratiquement élevé au milieu des abeilles dans une métairie de la lande girondine par feu nos grands-parents maternels.

Je ne sais pas si ces informations peuvent vous être utiles mais, si c’est le cas, vous pouvez en disposer comme bon vous semblera. Elles sont strictement exactes au frelon près. Et les colonies, pour le moment, sont encore là.

Mais, soyons réalistes, les petits apiers sédentaires familiaux traditionnels sont condamnés par ce prédateur.

En vous souhaitant, tout de même une très bonne année apicole je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, les meilleures salutations d’un vieil Ami des Abeilles.

Commentaires de la SCA :
La démarche utilisée nous semble cohérente :

- Parce que le piégeage au sirop sucré est effectué au printemps et à l’automne, c’est à dire au moment où les mères frelons d’une part et la population fortement développée d’autre part ont principalement besoin d’énergie.
- Parce que le travail des battues à la raquette de badminton est bien défini non comme un moyen de lutte utilisable par tous, mais comme un moyen de sauvegarde locale permettant de faire baisser la pression et de comptabiliser comparativement les frelons sur 3 ans.

À noter :
- La systématique des battues, de leur procédure et l’attente du « dernier frelon », lequel pourrait bien en rappeler d’autres s’il n’était supprimé.
- Le fait que ce ne sont pas les frelons mais les abeilles qui deviennent agressives à la fin des battues.
Nous partageons l’idée, avec Norbert Juzan, que si des moyens d’Etat et des pouvoirs publics ne sont pas engagés pour la destruction des nids et pour la recherche appliquée à la lutte contre Vespa velutina nigrithorax, alors les petits ruchers sont condamnés : le dévouement de chacun pris isolément a ses limites.

2) Les résultats de l’étude

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captures frelons 2009
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captures frelons 2010
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captures frelons 2010
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progression

Commentaires de la SCA :

- Malgré la lutte engagée par nos acteurs de terrain, la progression sur 3 ans du nombre de frelons détruits est extrêmement rapide.
- Dans le comparatif entre l’efficacité des battues à la raquette et celle des pièges à appât sucré, le même scénario se répète chaque année : le piégeage supplante les battues à l’automne. La raison probable en est l’énorme besoin d’énergie à satisfaire à cette période pour les frelons adultes, tandis que le besoin en protéines décline dans le même temps avec la fin de l’élevage.

Remarques d’ordre général

- A la campagne plus encore qu’en ville, les nids sont difficilement repérables en cours de saison, ce qui empêche leur destruction.
- Les petits ruchers sont, à l’évidence, les plus vulnérables et les premiers détruits ; mais les autres suivront si l’État reste désengagé ; le classement de Vespa velutina nigrithorax, en espèce nuisible va- t-il enfin être effectué ?
- L’éradication du frelon asiatique n’étant pas possible, il s’agit de conduire l’État et les pouvoirs publics à s’engager sur deux pistes principales :

  • la destruction des nids par des moyens coordonnés,
  • le piégeage par phéromones spécifiques et sélectives plus respectueux de l’environnement.

- Les apiculteurs de terrain sont non seulement des passionnés qui luttent pied à pied pour la survie de leurs abeilles, mais encore, des observateurs et des inventeurs sur lesquels il faut appuyer les recherches en cours.

Merci donc à Norbert et Patrick Juzan


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Dernière mise à jour du site : jeudi 13 juillet 2017

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