Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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Travaux d'automne


Dans les lignes qui suivent nous vous proposons de relire un texte de H. Hamet. Il traite des travaux d’automne dans le rucher. Certaines parties peuvent sembler un peu désuètes. Mais le plus important est de constater qu’il y a plus de 150 ans, un des maîtres de l’apiculture moderne, fondateur de la SCA, avait défini clairement les grands principes de l’hivernage des ruches. Il y est question de provisions de pollen et de miel, de réunions pour renforcer les colonies à conserver, de nourrissage avec le miel (et pas n’importe lequel) ou de sucres et des époques de nourrissement, de l’évaluation du poids des ruches et de bien d’autres commentaires intéressants et toujours d’actualité pour avoir de belles colonies au printemps…
Thierry Duroselle

TRAVAUX D’AUTOMNE.

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©SCA
Cours d’apiculture au rucher école du Luxembourg par Henri Hamet 1859

Nous arrivons dans une saison où les abeilles ne trouvent presque plus de fleurs aux champs, et, si elles sortent encore, c’est plutôt pour prendre leurs ébats que pour le reste. Cependant la fin de l’été et le commencement de l’automne sont quelquefois un arriéré de printemps pour les abeilles. Après un été sec, si des pluies surviennent vers la fin d’août, elles raniment la végétation des plantes et font encore éclore des fleurs où nos laborieuses ouvrières butinent un peu de miel et passablement de pollen, dont elles se servent pour une couvée de jeunes abeilles avant l’hiver, couvée qui. renforce singulièrement les colonies, et qui ne contribue pas peu à les aider à bien passer la mauvaise saison. L’excédent de pollen est emmagasiné et sert à alimenter les premières couvées qui viendront après l’hiver, et même pendant l’hiver, s’il est doux.
Il faut encore surveiller le pillage. Pour l’éviter autant que possible, il faut rétrécir l’entrée des ruches au moyen de guichets ou de portes mobiles.

Récolte dernière.
On peut encore récolter les ruches vulgaires, qui ne l’ont pas été les mois précédents, en en chassant les abeilles et en les réunissant à des colonies à conserver. On enlève également les calottes et les hausses supérieures des ruches qui ont un excès de miel ; mais on ne replace plus ces calottes et ces hausses, qui, ne pouvant plus être remplies, produiraient un vide dans le haut des ruches, ce qu’il faut éviter pour l’hiver. On ne replacera pas davantage les divisions verticales qu’on pourrait enlever à cette époque. _ Ces opérations doivent se faire au milieu d’une belle journée.
On enlève aussi, après la saison du travail, les hausses inférieures qui n’ont pas de gâteaux ou qui en ont peu. Cependant il convient de les laisser, si les colonies sont très-fortes, et si la localité est humide : elles servent alors à aérer les ruches, ce qui empêche la moisissure. - On conservera soigneusement celles enlevées qui contiendraient des rayons propres : elles seront d’une grande valeur pour les essaims.

Provisions que doivent avoir les colonies pour passer la mauvaise saison.
La colonie consomme, en moyenne, de 6 à 8 kilogrammes de miel depuis septembre jusqu’en avril. Cette quantité varie selon le climat et selon l’année ; on peut même ajouter selon l’état de la colonie, car il en est qui consomment plus que d’autres ; et ce ne sont pas toujours les plus populeuses qui, comme on pourrait le croire, consomment le plus. En estimant la quantité de provisions que contient une ruche, Il faut avoir égard à son âge et se souvenir que les rayons noirs des vieilles ruches pèsent cinq ou six fois plus que les rayons blancs d’un essaim. On doit aussi tenir compte approximativement de la quantité de pollen qui peut exister dans les ruches. On est fixé sur ce point par celles qu’on a dépouillées.
Connaissant la tare de chaque ruche, il est facile de se rendre compte des provisions intérieures, qui pourront être dans les proportions suivantes pour une colonie de deux ans, dont le poids brut est, je suppose, de 15 kg.
Poids de la ruche vide 4 kg
- des abeilles 1,5 kg
- des rayons ou de la cire 1 kg
- du pollen. 1,5 kg
Différence 7 kg.

Cette différence donne la quantité de miel contenue dans la ruche. On remarquera que l’appréciation a lieu en automne. Elle serait inexacte au printemps ou en été, lorsqu’il y a beaucoup de couvain dans la ruche.
On pèsera donc toutes les ruches avant l’hiver ; on les pèsera également au sortir de l’hiver, et l’on profitera de cette occasion pour les visiter, pour s’assurer de l’état de leur population et de leurs rayons. Après avoir nettoyé les tabliers, on les replacera dessus et l’on bouchera bien toutes les issues autres que l’entrée, si le temps et la localité sont secs ; s’ils sont humides, on ménagera un courant d’air.

Balance pour peser les ruches
Il importe à l’apiculteur de savoir le poids de ses ruches à différentes époques de l’année. L’instrument le plus facile à employer pour cela est la romaine à cadran (fig. 81), qui tient peu de place et qui est aussi exacte que portative. Elle va très-longtemps sans se fausser, à moins qu’elle ne soit endommagée ; et, lorsqu’elle est faussée, elle peut être réparée à peu de frais.

Lorsqu’il s’agit de connaître le poids d’une ruche, on suspend cette ruche au crochet de la romaine. On soulève celle-ci en passant les doigts dans son anneau, ainsi qu’on le fait quand on pèse avec la romaine triangulaire que tout le monde connait. L’aiguille B indique, sur le cadran, le poids de la ruche. Si l’on a affaire à une ruche sans manche et sans anse, on passe dessous une ficelle qui en tient lieu. - On doit choisir une matinée ou une soirée fraîche pour peser les ruches, et, lorsqu’on est obligé de les peser au moment du travail, il faut projeter un peu de fumée aux abeilles qui se trouvent à l’entrée et sur le tablier, afin d’en écraser le moins possible. On peut les peser avec leurs tabliers lorsqu’on sait le poids de ceux-ci, et qu’ils ne sont pas trop lourds.

Lorsque l’on veut faire des expériences sur le poids journalier d’une ruche convenablement placée, on dispose deux bâtons se croisant en X, comme dans la figure ci-jointe, qui reçoivent un autre bâton transversal, lequel à son tour reçoit l’anneau de la romaine. Le poids de cette ruche est constamment indiqué par l’aiguille, qui avance au cadran à mesure que ce poids augmente, et qui recule à mesure qu’il diminue.
Cette romaine, à moins que son cadran ne soit très grand, ne donne pas de divisions au dessous du demi-kilogramme ; il faut les établir à vue de nez, c’est-à-dire à peu près. Il existe des balances à bascule et à cadran dont la précision ne laisse rien à désirer, ainsi que les divisions inférieures du kilogramme, qui sont poussées très loin. Mais le prix élevé de ces balances en rend l’usage impossible à la plupart des apiculteurs, qui se servent du premier peson venu.
(A suivre)

Henri Hamet
Fondateur de la Société Centrale d’Apiculture
Texte tiré de l’ouvrage « Cours Pratique d’Apiculture » professé au jardin du Luxembourg 1859


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Dernière mise à jour du site : vendredi 27 octobre 2017

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