Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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Le mot du président


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Thierry Duroselle

De quelle couleur marquerons nous l’année 2012 ?

En apiculture on aime à manier les couleurs. Ainsi, chaque année, nous marquons nos reines nouvelles nées avec l’une des cinq couleurs connues de tous. Les plus artistes d’entre-nous réalisent aussi des merveilles en peignant leurs ruches avec des couleurs et des motifs qui ajoutent vie et gaieté à nos ruchers.
Alors, au terme de 2012, et pour paraphraser un peu l’expression “cette date ou cette année est à marquer d’une pierre…”, je me demande de quelle couleur pourrions-nous marquer cette année étrange ?

La première réaction, un peu vive et chagrine, consisterait à choisir le noir ! En effet pour beaucoup d’entre nous cette année a été catastrophique pour la production de miel. Si j’en juge par les discussions tenues avec des apiculteurs du nord au sud de la France, par les lectures des différentes revues apicoles et par la production de nos propres ruchers, les maturateurs sont restés vides ou presque. Pour les apiculteurs de loisir ce n’est sans doute pas trop grave. Mais pour les professionnels et ceux pour qui c’est une vraie source de revenus, l’année sera certainement marquée du noir de la désolation.
Les explications nous les connaissons : du froid tardif, des pluies abondantes qui ont lavé les floraisons les unes après les autres, un peu de sécheresse au moment où les fleurs se faisaient plus rares. Et même si, de-ci de-là, certains ont pu sauver l’année avec une miellée d’été : du châtaignier, du sarrasin…, le bilan n’est pas bien brillant.
Nous avons pu observer également des colonies qui démarraient mal, de nombreux essaimages, des abeilles affamées cherchant leur provende jusque dans les échoppes travaillant les produits sucrés comme les pâtisseries ou les laboratoires alimentaires… (et je ne parle pas du miel bleu qui a fait la une des journaux).
Année difficile aussi pour nos ruchers urbains dont les productions ont été divisées par 4 ou 5, au grand dam de nos amis consommateurs de plus en plus nombreux à rechercher ces miels d’exception.
Cependant, dans sa noirceur, cette année nous apporte sans doute quelques enseignements à méditer, le premier est certainement la modestie car dame Nature garde tous ses droits et sait nous le rappeler de temps en temps. Le second est la nécessité de suivre avec régularité et attention les ruches. Car dans ces moments difficiles, il faut savoir diagnostiquer rapidement les difficultés rencontrées par les abeilles et les aider le cas échéant par un nourrissement ou un « abreuvage » appropriés. Cette présence permet également d’éviter le pillage ou de récupérer l’essaim qui vient de s’échapper. Ceci est particulièrement important en milieu urbain où le public n’est jamais très loin. Dans ce cas, une équipe solide doit pouvoir assurer une présence continue y compris pendant les mois d’été. Pour compléter cette tristesse ambiante, rappelons que le Frelon asiatique continue de progresser, arrivant maintenant aux portes de Paris.
Pour autant, dans cette grisaille il y a quelquefois un coin de ciel bleu qui annonce l’embellie prochaine. Ma grand-mère disait alors qu’il fallait que ce bout bleu permît de coudre au moins une culotte de gendarme !

À y bien regarder, 2012 offre peut-être ces quelques morceaux bleus qui vont aider l’apiculture dans les années à venir.
Un premier concerne justement le Frelon asiatique. N’est-il pas en passe d’être classé en “espèce exotique envahissante et nuisible pour l’apiculture” ? Il devrait l’être aussi pour bien d’autres espèces d’insectes dont il se régale.
Une autre bonne nouvelle est la publication de travaux scientifiques de plus en plus précis et solides. Ils concourent à montrer que le déclin des abeilles peut être dû à la perturbation de leur orientation et de leur capacité à retrouver la ruche après exposition à des doses très faibles d’un insecticide de la famille des « néonicotinoïdes ». Il faut du temps pour réaliser et publier de bonnes études. Mais le temps est peut être venu où les preuves de toxicité vont s’ajouter les unes aux autres pour montrer le vrai danger de ces produits sur les abeilles et le monde des insectes.
Et leurs effets s’arrêtent-ils aux seuls insectes ? On peut se poser la question. Le Canard enchaîné titrait dans son édition du 31 octobre : “le pesticide, drogue dure dépénalisée et encouragée” et s’interrogeait, à la suite de la publication d’un rapport du Sénat, sur les effets mal connus sur notre santé de ces produits que l’on retrouve dans une bonne partie de nos aliments.
Ne s’agit-il pas aussi de santé humaine ? En résumé, plus la recherche scientifique progresse plus il est utile de se poser les bonnes questions sur la nocivité de ces produits sur toute la chaîne alimentaire. Deux questions sous-jacentes : pourquoi y a-t-il tant de différences entre le dossier d’enregistrement d’un médicament de santé humaine et celui d’un médicament de santé végétale (les fameux produits phytopharmaceutiques) ? Pourquoi y a-t-il tant de ces produits à la disposition du public dans les linéaires des grands magasins, ceux de bricolage ou de jardinage ? Sans doute avons nous aussi beaucoup de travail à faire auprès des publics qui s’inquiètent de nos ruchers et de nos abeilles et qui contribuent, par leurs propres pratiques, à leur déclin.
Du ciel bleu aussi du côté des restrictions d’AMM pour l’usage agricole des « néonicotinoïdes » en attendant une vraie harmonisation des dossiers et des enregistrements au niveau européen.

De la couleur et de la vitalité il y en a aussi à la SCA qui continue d’aller de l’avant, confirmant cette année encore l’élan donné en 2006 lors du 150e anniversaire de notre association. De plus en plus de bénévoles s’engagent dans notre vie associative, dans les activités de nos ruchers ou de ceux de nos partenaires.

C’est aussi un engagement toujours plus fort dans la transmission des savoirs avec par exemple la nouvelle promotion des 83 diplômés au rucher école du Jardin du Luxembourg, tous de vrais passionnés d’abeilles et de plantes.
Le rucher pédagogique du parc Georges Brassens ne désemplit pas et ce sont près de 2000 écoliers parisiens qui y ont été reçus cette année encore.
Par ailleurs, notre expertise est reconnue et recherchée pour guider au mieux des projets urbains foisonnants ou pour rencontrer ces publics qui ont compris que les abeilles ne servaient pas qu’à produire du miel.

Au vu de ce dynamisme, je me demande si, tout compte fait, l’année 2012 ne serait-elle pas aussi à marquer en jaune comme la couleur de nos reines ? Car le jaune symbolise “la renaissance printanière, les richesses naturelles via le blé, le maïs, le miel,… Il évoque la richesse matérielle, la domination, la lumière, l’éternité et la foi, en étant l’une des couleurs les plus claires, liée à la gaieté et à la jeunesse”.

Ou peut-être vaut-il mieux réserver cette couleur pour l’année 2013 qui a déjà commencé dans nos ruches ?

Thierry Duroselle


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Dernière mise à jour du site : lundi 3 avril 2017

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