Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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Une Américaine à Paris


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Jamie dans les Cévennes

Jamie Lozoff, 20 ans, est une apicultrice de Philadelphie, Pennsylvanie – Etats Unis, membre du « Philadelphia Beekeepers Guild » (Association des Apiculteurs de Philadelphie). Elle a découvert le monde des abeilles à 16 ans, et depuis cette découverte, elle s’est intéressée aux abeilles du monde entier.

J’ai découvert la Société Centrale d’Apiculture (SCA) un peu par hasard. En 2011 j’avais décidé de prendre une année sabbatique avant de commencer mes cours à l’université et j’ai eu l’opportunité de séjourner deux mois à La Ferme de la Borie dans les Cévennes. J’y ai rencontré une apicultrice formidable et motivante qui exploite 60 ruches biologiques.
A la fin de ce séjour, en novembre, avant de retourner aux Etats-Unis, je suis allée à Paris car je savais par un apiculteur de Philadelphie qu’il existait des colonies d’abeilles au Jardin du Luxembourg. Je m’y suis bien sûr rendue et j’ai découvert un très beau rucher ; le Jardin m’a fait penser au plus grand parc de Philadelphie et je me suis demandé pourquoi nous n’y avions pas aménagé un rucher, d’autant plus qu’au milieu du 19e siècle, Philadelphie et Paris ont chacun joué un rôle important dans la mutation de l’apiculture.
En effet, dans les années 1850, un habitant de Philadelphie dont le nom est bien connu en France, Lorenzo Langstroth a conçu pour la première fois une ruche équipée de cadres mobiles, beaucoup utilisée dans le sud de la France, et à la même époque, en 1856 la Société Centrale d’Apiculture était fondée à Paris. Après plus de 150 ans la SCA poursuit son activité, alors pourquoi n’avons-nous pas gardé nos racines apicoles à Philadelphie ?

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Aux Buttes Chaumont

En avril, j’ai décidé de revenir à Paris pour y découvrir la pratique de l’apiculture et bénéficier de l’expérience de la SCA.

La communauté apicole parisienne, réduite, mais très vivante, m’a chaleureusement accueillie et je remercie Thierry Duroselle, Président de la SCA, de m’avoir permis de vivre une expérience enthousiasmante.
Durant mon « stage » à la SCA, j’ai beaucoup observé et quand je le pouvais, j’ai proposé mon aide aux apiculteurs du Jardin du Luxembourg.
Je me suis également rendue deux fois par semaine au rucher du parc Georges Brassens ; après avoir assisté à plusieurs réceptions de classes, les intervenants m’ont proposé de faire une partie de l’exposé et cette confiance m’a touchée.
Georges, Françoise, Catherine et Bertrand, chacun avec leur propre style, ont été des exemples pour moi et à leur contact, je me suis interrogée sur la manière de communiquer ma passion des abeilles. Le dialogue avec les enfants a toujours été enrichissant (mais parfois difficile en particulier avec les plus jeunes) et très émouvant car cela m’a rappelé l’émotion que j’ai ressentie lorsque j’ai ouvert ma première ruche.
Un jour, nous avons reçu une classe de collège dont les élèves étaient inscrits dans un club de science. Avec ces élèves très motivés, j’ai évoqué le phénomène de l’apiculture migratoire et la réalité cauchemardesque de « l’industrie » apicole aux Etats-Unis ; il s’en est suivi une très intéressante discussion entre eux, jeunes scientifiques très curieux, Françoise et Georges, deux apiculteurs français et moi, jeune apicultrice américaine.
Ces aspects ont été également évoqués avec un groupe d’une douzaine d’étudiants de l’université de Stanford [1] que nous avons reçus un après-midi à Brassens. J’imagine que c’est la notoriété de la SCA qui avait été à l’origine de cette visite, mais en voyant une jeune américaine leur parler en français des abeilles, ils ont pu constater que l’association n’était pas uniquement tournée vers le passé, mais était également ouverte sur le monde extérieur.
J’ai également eu l’occasion de discuter de tous ces aspects avec mes collègues du Jardin du Luxembourg et d’assister à une réunion des intervenants au rucher du parc Georges Brassens ; les cultures apicoles étant assez différentes dans nos deux pays, les échanges ont été très fructueux.

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Un jardin partagé à Philadelphie

Philadelphie, ville vibrionnante de plus de 1,5 millions d’habitants, compte beaucoup d’apiculteurs et notre organisation, « The Philadelphia Beekeepers Guild » (PBG), fondée en 2009 en réunit environ 130.
Nous n’avons ni rucher pédagogique, ni bureau permanent ; nous nous réunissons une fois par mois pour discuter des différents aspects de l’apiculture et pour partager nos expériences. L’enseignement dispensé est plus succinct que celui du Jardin du Luxembourg, il se résume à 4 à 8 ateliers et quelques conseils, par exemple pour aider à construire sa propre ruche.
A Paris un dialogue hebdomadaire entre les auditeurs des cours permet des discussions plus approfondies que celles que nous avons tous les mois à Philadelphie. Conscient de cette lacune, le PBG organise des échanges sur Facebook ; ainsi tous les jours, de nouvelles questions sont posées auxquelles tout le monde peut répondre. Une conférence annuelle est également organisée, à laquelle participent des apiculteurs et des scientifiques, pour évoquer avec notre communauté différents types d’apiculture ; ainsi l’année dernière, Sam Confort, membre de « Anarchy Apiaries » est venu nous présenter le concept des « ruches Africaines » : pas de traitement, pas de nourrissage sucré [2] ; la conférence a eu beaucoup de succès.

Je suis très impressionnée par la façon dont les abeilles sont intégrées dans l’environnement parisien ; devant les parcs et les espaces verts, il y a très souvent un panneau qui explique le rôle de la biodiversité et les cours du samedi au Jardin du Luxembourg font indéniablement une bonne publicité pour les abeilles.
En fait c’est ce qu’il nous faudrait faire à Philadelphie. Au printemps dernier, avec d’autres membres de la PBG, nous avons participé à la « Philadelphia Farm and Food Festival » (Fête des Fermes et de l’Alimentation). Beaucoup de jeunes sont spontanément venus vers moi pour parler des abeilles tandis que les adultes se sont plus volontiers tournés vers mes collègues plus âgés ; la présence de plusieurs générations – et d’ailleurs la diversité des origines – ont ainsi favorisé le dialogue sur les insectes pollinisateurs et montré que l’apiculture n’est pas une activité réservée à une minorité. Nos deux organisations pourraient d’ailleurs continuer à échanger sur ces aspects.

Mon expérience à la SCA ne s’est pas limitée à des interventions au Jardin du Luxembourg ou au Parc Georges Brassens : ainsi avec Catherine et Georges nous avons remis en ordre un rucher pratiquement abandonné dans la forêt de Rambouillet, avec Marie nous avons recueilli un essaim près des Buttes Chaumont – quelle expérience pour une jeune apicultrice américaine de capturer des abeilles à Paris dans cet endroit magique ! – avec Yves au Parc Georges Valbon, dans une salle à peine éclairée, alors qu’il pleuvait des cordes, nous avons sensibilisé des enfants à l’avenir de notre abeille. Et je ne peux pas oublier non plus la glace que nous avons dégustée entre apiculteurs – je devrais dire entre amis – à la sortie des cours du Luxembourg.

Ma vie emprunte des chemins particuliers et ces chemins – ou plutôt ces ponts – faits de cire et de miel ont modifié ma vision du monde qui m’apparaît aujourd’hui plus petit. Les apiculteurs que je rencontre, les ruches que j’ai l’opportunité d’ouvrir sont différents, mais dans mon esprit, les 60 ruches bio de La Ferme de la Borie sont situées près du parc Georges Brassens et les ruches de Philadelphie, juste à coté du Jardin du Luxembourg. J’espère pouvoir continuer à m’impliquer dans le milieu apicole afin de rechercher cette relation particulière entre l’abeille, la terre et l’homme.

Jamie Lozoff

Notes

[1] Stanford University est une université plusieurs fois « nobélisée » située au sud de San Francisco.

[2] le concept de « Ruches Africaines » peut être résumé ainsi : le moins possible d’intervention humaine dans la colonie, en particulier :
- Les abeilles construisent entièrement par elles-mêmes leurs cellules à la taille voulue, pas d’introduction de cire gaufrée issue d’autres ruches.
- Les abeilles ne sont pas nourries avec du sirop : il faut donc leur laisser suffisamment de provisions pour hiverner.
- L’apiculteur construit lui-même sa ruche ; le couvercle de celle-ci est en fait constitué des montants supérieurs des cadres qui s’emboîtent pour former le couvre-cadre.



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Dernière mise à jour du site : jeudi 21 septembre 2017

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