Société Centrale d’Apiculture

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

La Société Centrale d’Apiculture (S.C.A.) a été créée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’Abeille, en luttant contre les pratiques apicoles ancestrales (étouffage) qui conduisaient pratiquement à détruire les colonies fortes et donc à favoriser la pérennité des souches génétiquement les plus faibles.

Reconnue d’utilité publique en Mars 1900, la S.C.A. a fortement contribué à l’interdiction de ces pratiques au début du XXe siècle.

Organisatrice de plusieurs expositions et congrès, elle est à l’origine de la création de nombreux groupements apicoles.

La S.C.A. qui s’est donné pour objectif la diffusion des connaissances scientifiques et leur vulgarisation, n’a jamais cessé sa mission de formation des adultes au Rucher École du Jardin du Luxembourg et plus récemment, des enfants au Rucher Pédagogique du Parc Georges Brassens.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Abeille est menacée par les pesticides abondamment utilisés en agriculture intensive, et aujourd’hui par l’introduction dans notre environnement des plantes génétiquement modifiées (O.G.M.) dont les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour les insectes pollinisateurs et par voie de conséquence pour l’Homme.

La reconnaissance du rôle essentiel de l’Abeille dans les écosystèmes et dans la préservation des équilibres naturels est désormais au cœur des préoccupations de notre association.

Pollinisatrice et sentinelle de l’environnement, l’abeille est en danger. Protégeons-la !

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L'honorable vieille dame et ses prétendants


L’honorable vieille dame et ses « prétendants »

Pour qui voudrait se convaincre de la vitalité de la SCA, il aurait fallu être cette année encore au matin du premier jour de la fête du miel au Jardin du Luxembourg. Ce samedi 21 septembre 2013, la vieille dame de la rue Pernety a été une fois encore très courtisée. Ne vous méprenez pas ses intentions car elles sont nobles et désintéressées. Elle ne voulait pas faire attendre ses « prétendants ». Mais sa réputation est si solide en la matière que très nombreux sont ceux qui veulent bénéficier de ses savoirs.
Car traditionnellement, les inscriptions à la formation apicole délivrée depuis bientôt 160 ans dans le rucher école se prennent au cours de cette journée. Il y avait ce jour-là plus de 200 personnes, qui se pressaient en une longue file et l’attente a duré des heures entières. Mais il fallait absolument obtenir ce sésame tant convoité donnant le droit de s’asseoir sur les bancs du pavillon Davioud et un jour, d’entrer dans cet enclos aux ruches couvertes de chapeaux hexagonaux.

En réalité, cette honorable dame est aussi connue sous le nom de la SCA « Société Centrale d’Apiculture, de Sériciculture, d’Insectologie et de Zoologie Agricole ». Cette société savante fut fondée à Paris le 1er juin 1856. Dans le premier article de ses statuts, on peut lire qu’elle a pour but « de concourir aux progrès de la Science et de l’Industrie apicole, ainsi qu’à l’étude de tous les phénomènes entomologiques et zoologiques qui intéressent l’agriculture ». Convenez avec moi que ce programme n’a pas pris une ride malgré les nombreuses pages d’histoire traversées dont certaines auraient pu lui être fatales.
Soyons honnête, la dame ne fait pas son âge. Bien sûr, elle sait cultiver son charme « très 19e siècle » comme me l’a dit un jour une journaliste allemande venue s’enquérir de sa vitalité. Mais ses activités et ses engagements montrent tout au contraire qu’elle sait être pleinement de son temps ! Elle s’est donné pour mission la diffusion des savoirs scientifiques et techniques sur les abeilles et les insectes pollinisateurs dont la présence est indispensable au bon fonctionnement des écosystèmes. En effet ce sont eux les principaux acteurs de la pollinisation à l’origine de la diversité végétale. Ils sont tout à la fois agents essentiels du maintien de la vie sur notre planète, mais aussi marqueurs sensibles des dangers qui menacent les équilibres naturels et la santé des hommes.

Pour cela elle a développé un remarquable savoir-faire en matière pédagogique. La réputation de l’enseignement délivré au rucher école n’est plus à faire. Une volonté de transmettre tout ce qu’un apiculteur doit savoir pour bien conduire ses ruches. Ce n’est pas une formation professionnelle mais c’est déjà une somme de théorie et de pratique délivrées pendant les 8 mois du cycle apicole. Il m’est arrivé d’entendre qu’il n’était pas possible de s’y inscrire. Pourtant ce rucher est certainement le premier formateur d’Île de France en la matière. Pour s’en convaincre un peu plus il suffit de regarder le nombre croissant de demandes, l’assiduité des auditeurs, le nombre de diplômés à l’examen de fin de formation et surtout la volonté de ces derniers à pratiquer leur passion.
Pour les aider à progresser les ruchers de la SCA ouvrent de plus en plus leurs portes à bon nombre de ces jeunes diplômés désireux de bénéficier de l’expérience d’apiculteurs chevronnés. Pour certains un peu plus expérimentés, la SCA organise également un cours d’élevage de reines, compétence indispensable pour bien gérer son rucher de nos jours. Pourtant, il n’est pas rare de rencontrer encore des apiculteurs qui se contentent de récupérer des essaims pour assurer le renouvellement de leur rucher sans avoir jamais fait une division de ruche ni jamais marqué leurs reines…

Pour compléter tout ce travail de pédagogie, la SCA développe chaque année un cycle de formation permanente afin que chacun puisse trouver une plate-forme d’échange d’expériences par rapport à ses propres pratiques. Ce programme avait été mis en place pendant de nombreuses années (le dimanche après-midi une fois par mois). Interrompu depuis un an ou deux, il va être repris en 2014.

Dans ce domaine de la transmission des savoirs, la conférence annuelle de la SCA tient une place à part. En effet pendant une journée, des conférenciers – chercheurs, apiculteurs, historiens, journalistes, écrivains, politiques – viennent présenter leurs travaux, leur expérience, leur vision et débattre sur un sujet en relation avec tous ces insectes si précieux et de la place qu’ils devraient occuper dans notre monde moderne.

Depuis plus de quarante ans cette pédagogie a sauté les âges pour se rapprocher des enfants et des écoles. A partir d’activités apicoles menées dans un centre de classes vertes par un instituteur membre de la SCA, l’idée a germé et c’est un autre instituteur de la SCA qui a convaincu les autorités municipales de développer un rucher urbain destiné aux enfants des écoles de Paris. Quel succès ! Et quel travail pour recevoir plus de 3000 enfants par an au rucher du parc G. Brassens (Paris – 15e). Cela permet aujourd’hui de proposer aux jeunes élèves une approche concrète de la nature et de la biodiversité au travers d’une observation et d’un apprentissage du monde des abeilles. Depuis lors, cette pédagogie apicole continue son chemin vers d’autres enfants comme ceux de l’INJS (Institut National de Jeunes Sourds) avec un travail qualitatif adapté à leurs besoins et la réalisation d’autres projets en cours d’élaboration.

Sous l’impulsion de la vivifiante célébration du 150e anniversaire de la SCA, de nouvelles perspectives se présentent qui permettent aux bénévoles de l’association des engagements renouvelés.
Il y a d’abord cette réponse apportée aux demandes d’institutions, de collectivités ou d’entreprises qui souhaitent créer leur propre rucher. La SCA propose alors la mise en place d’un partenariat reposant sur deux principes. Le premier consiste en une solide formation des volontaires de ces établissements au rucher école du Jardin du Luxembourg. Le second offre un accompagnement de ce noyau débutant par une petite équipe expérimentée de la SCA. Ceci assure un bon démarrage du projet et permet aux apiculteurs membres du personnel de devenir progressivement les acteurs responsables de leurs colonies d’abeilles.
C’est pour répondre à ce foisonnement de demandes que les mairies recherchent des expertises en apiculture urbaine. La SCA parmi d’autres, a su répondre à cette attente dans des domaines aussi variés que l’installation des ruches dans les lieux publics, la définition de règles essentielles à une bonne pratique apicole, l’anticipation de menaces comme l’arrivée du Frelon asiatique, voire même dans un travail avec jardiniers et paysagistes pour la sélection de plantes répondant aux besoins des urbanistes tout en satisfaisant aux besoins mellifères.

Un autre domaine dans lequel la SCA commence à travailler et souhaite s’engager plus fortement est le soutien de programmes scientifiques indépendants. La recherche sur les abeilles a besoin d’aide afin de faire émerger de nouvelles idées, de nouveaux résultats pour une meilleure connaissance partagée de leur contribution à la qualité de notre environnement. Un apport spécifique à cette recherche sera certainement la mise à disposition de son fonds de bibliothèque qui couvre au moins trois siècles d’apiculture. Ce fonds comprend en effet de nombreux livres et des revues du monde entier car, dès l’origine de la SCA, les échanges entre apiculteurs étaient féconds et sans frontières (référencement de près de 3000 documents liés aux abeilles, à l’apiculture et, plus généralement, à l’entomologie et à l’agriculture).
Dans cet esprit, des petits groupes se forment au sein de notre association pour mieux appréhender les plantes, les fleurs et tout l’environnement botanique dont vit l’Abeille. Comment en effet ne pas avoir une démarche plus globale qui associe les uns et les autres comme un tout indissociable. Ainsi se multiplient les contacts avec les jardiniers et les botanistes, les informations vers le public sous forme de panneaux ou d’affichages variés, les sorties de découvertes dans des parcs, jardins spécialisés et arboretums. La vitalité conjuguée de ses nombreux membres actifs et des nouvelles générations d’auditeurs sortant du rucher école fait d’elle une personne très à l’écoute des besoins du 21e siècle. Elle sait bénéficier des compétences professionnelles des uns et des autres, tous bénévoles, qui à un moment ou un autre viennent lui apporter leur propre savoir-faire. Elle est en outre, comme chaque possesseur de ruche, très soucieuse de la dégradation des milieux, de l’emploi inconsidéré de pesticides, de l’invasion de nouveaux prédateurs, de la médiocre qualité de certains miels et autres produits de la ruche offerts aux consommateurs…

Mais elle sait aussi rencontrer et parler à tous les publics et créer ainsi des liens sociaux dynamiques. Elle aime voyager, organiser et participer à des concours, mettre son grain de sel dans les réunions professionnelles ou scientifiques. Elle a des projets plein la tête.
Bref, elle est d’une jeunesse étonnante !

T.Duroselle président de la Société Centrale d’Apiculture



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Dernière mise à jour du site : vendredi 27 octobre 2017

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