Société Centrale d’Apiculture

Apimondia : la SCA présente l’apiculture urbaine

L’apiculture urbaine possède depuis longtemps ses lettres de noblesse : le premier rucher-école de France fut fondé en 1856 au Jardin du Luxembourg par H. Hamet, fondateur de la SCA. Depuis, 153 promotions d’élèves s’y sont succédées.

L’implantation de ruchers en ville demande une bonne technique apicole, mais aussi une expertise spécifique liant connaissance de l’abeille, forte densité de population, et pédagogie lorsqu’il s’agit de formation, d’information ou de réception de classes. Il s’agit aussi de produire un miel de qualité, en toute proximité du public et en toute sécurité.

Depuis quelques temps, et grâce à la compétence de nos intervenants, l’abeille « a la cote ». Quelques effets pervers doivent être rectifiés : effets de mode, installation anarchique de ruches, appétits commerciaux ou personnels dissimulés lors de l’implantation sur le domaine public…

Reconnaissons aussi que la publicité faite actuellement à l’abeille en ville peut exaspérer. Dès lors, présenter l’apiculture urbaine au congrès de Montpellier pouvait passer pour une gageure. La SCA s’y est essayée.

L’emplacement de notre stand se situait en bonne place sur l’esplanade du Corum. Les visiteurs - apiculteurs ou non - ont pu déguster six miels différents issus de six ruchers associatifs ou syndicaux parisiens : rucher pédagogique du Parc Georges Brassens (SCA), rucher école du Jardin du Luxembourg (SCA), rucher du Domaine de St Cloud (SCA), rucher de Bagnolet (Association Bagnolet Ville Fleurie), rucher de Vincennes (CETA du SNA), rucher de l’ENVA de Maison Alfort (UNAF).

Ce fut l’occasion de nombreux échanges, de nombreuses controverses. La surprise était souvent grande, à la découverte de la richesse et la diversité de ces miels. De nombreux a priori furent discutés : miels pollués ou non, apiculture de salon ou apiculture des grands espaces. Le paradoxe de la ville devenue conservatoire de la biodiversité n’était pas sans interloquer, mais la dégustation aidant, les idées reçues évoluaient.

En ville l’extraordinaire variété des espèces végétales, préservées des pesticides, les conditions climatiques et de températures favorables, créent pour l’abeille un écosystème favorable.

L’apiculture urbaine rend donc un immense service à l’apiculture en général pour deux raisons : d’abord, parce qu’elle se trouve préservée de l’agriculture industrielle et des pesticides ; ensuite, parce que sa popularité grandissante au contact permanent du grand public
citadin génère une réelle prise de conscience concernant l’urgence de la protection des insectes pollinisateurs ; l’abeille de ville devient le vecteur de cette exigence citoyenne. L’apiculture urbaine permet aussi la formation de centaines de nouveaux apiculteurs ou connaisseurs de l’abeille.

Nul pour autant ne peut douter de la vocation de notre insecte préféré : vivre dans une campagne aux équilibres naturels retrouvés.

L’objectif des « apiculteurs des villes », dont certains ( et j’en suis ) maintiennent par passion leurs ruchers dans des zones de monoculture où se créent des « déserts d’abeilles », c’est de redevenir pleinement des « apiculteurs des champs ».

Contrairement aux ruches dans lesquelles sont parfois logées les colonies, la société des abeilles – des villes ou des champs – est une et indivisible comme doit l’être la République des apiculteurs des cités ou des campagnes, qu’ils soient amateurs, petits producteurs, ou professionnels.

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